• Contrecoups - Nathan Filer

     

     

    Contrecoups - Nathan Filer
     
     
     
    Titre : Contrecoups
    Auteur : Nathan Filer
    Édition : Michel Lafon
    Parution : 28 août 2014
    Pages : 349

     

     

     

     

    J'ai découvert ce livre sur la chaîne Le souffle des mots, d'Audrey, dans une vidéo "Top 15 de 2015". Audrey m'a vendu du rêve en parlant de ce livre, et comme il s'agissait de maladie mentale et particulièrement de schizophrénie, je n'ai pas hésité à l'acheter !

     Résumé de l'éditeur

    " Je vais vous raconter ce qui s'est passé, parce que ce sera un bon moyen de vous présenter mon frère. Il s'appelle Simon. Je pense que vous allez l'aimer. Vraiment. Mais dans quelques pages il sera mort. Et il n'a plus jamais été le même après ça. "

    Matthew a 19 ans, et c'est un jeune homme hanté. Hanté par la mort de son grand frère, lors de vacances à la mer, dix ans auparavant. Hanté par la culpabilité. Hanté par la voix de Simon qu'il entend partout, tout le temps : dans le bruissement des feuilles des arbres, dans le crépitement des bougies d'anniversaire, dans le murmure de la marée... Dernier lien qui l'unit au frère disparu pour Matthew ; " hallucinations de commande ", disent les médecins.


    Matthew a 19 ans et il souffre de schizophrénie, une maladie qui " ressemble à un serpent ". Pour comprendre son passé et s'en libérer enfin, Matthew écrit, dessine, jette ses pensées sur le papier, tente de remonter le fil du temps. Il raconte l'enfance étouffée par la perte, la douleur silencieuse de ses parents ; l'adolescence ingrate brouillée par les nuages de marijuana ; la lente descente dans la folie, l'internement... Mais aussi, avec un humour mordant, le quotidien parfois absurde et toujours répétitif de l'hôpital psychiatrique – " Je vis une vie faite de copiés-collés ", les soignants débordés mais qui font de leur mieux, l'ennui abyssal : " il n'y a littéralement rien à faire "... Et le combat sans cesse renouvelé pour apprivoiser la maladie, et trouver enfin sa place dans le monde.

     

    Avis

    Dans un premier temps, je pense qu'il faut parler du format qui est un peu particulier. Il s'agit d'un récit dans le récit dans le sens où Matthew, le personnage principal, est l'auteur de ce livre. Il nous raconte des morceaux de son passé sous forme de petits chapitres qu'il écrit à l'hôpital psychiatrique ou chez lui.

    Bien que ce format soit intéressant et original, j’ai trouvé le tout décousu. C’était prévisible, forcément, mais du coup je n’ai pas réussi à accrocher à l’histoire autant que je l'aurais voulu, j’ai eu beaucoup de mal à lire car je n’arrivais parfois pas à me situer chronologiquement, surtout que les flashback ne sont pas annoncés. Il faut avoir une bonne mémoire et être vraiment plongé dans le livre pour se souvenir de détails qui réapparaîtront plus tard et qui nous feront comprendre que c’est un flashback.

    « On a tous en nous un mur qui sépare les rêves de la réalité, mais le mien est fissuré. En se tortillant, en se faisant tout petits, les rêves arrivent à passer au travers jusqu'à ce que je ne puisse plus bien faire la différence.
    Des fois le mur s'écroule complètement.
    C'est là que les cauchemars commencent. »

    Ensuite je dois évidemment parler de la maladie elle-même puisque ce livre traite d'une maladie qui m'intéresse en littérature : la schizophrénie. Les maladies mentales en général sont d'ailleurs un thème dont je suis curieuse de voir le traitement dans un roman. Et finalement, ce livre n’a pas été à la hauteur de mes attentes ...

    La "branche" de la schizophrénie traitée dans ce livre est celle du souvenir qui hante et qui construit la pathologie. Et pour moi ce n’est pas assez. Il s'agit là est une maladie tellement complexe qu’il manque tout un tas d’éléments. Et je pense que c’est principalement à cause du format et du point de vue.

    On a ici un point de vue à la 1ère personne mais dans un récit écrit des mains du personnage narrateur, il y a donc une première analyse, on n’a pas accès directement à ses pensées, mais on a accès à ses écrits, donc à quelque chose de réfléchi. Ce n'est pas spontané, ne n'est pas vraiment exactement ce qu’il se passe à l’intérieur de lui à l'instant T.

    Il y a beaucoup d’éléments inhérents à la maladie qui se font ressentir comme le Grand Projet, sa difficulté à interagir avec les autres, et d'autres que j’ai perçu en lisant entre les lignes, mais qui ne sont pas explicites ni développés. Et c’est clairement ça que j’attendais de ce livre : savoir ce qu'un schizophrène a dans la tête au moment où son comportement sort de nos normes sociales.

     

    "Le pire dans cette maladie, ce n'est pas ce qu'elle me fait croire, ni ce qu'elle me fait faire. Ce n'est pas l'emprise qu'elle a sur moi ni même l'emprise qu'elle autorise les autres à avoir. Le pire de tout, c'est qu'elle m'a rendu égoïste. La maladie mentale nous replie sur nous-même. C'est mon avis. elle fait de nous les prisonniers à vie de la douleur qui occupe nos têtes, tout comme la douleur d'une jambe brisée ou d'un pouce entaillé accapare l'attention et s'y cramponne au point que la jambe ou le pouce cessent d'exister.".

     

    Au final, je suis assez déçue par ce livre, qui est sans doute très bien, mais que je n’ai pas su apprécié car j’avais de trop grandes attentes ... Il a tout de même pas mal de qualités et c'est finalement assez bien mené lorsqu'on sait à quel point cette maladie est complexe. C'est d'ailleurs d'autant plus difficile lorsque celui qui la décrit n'en est pas atteint et doit donc tenter de se mettre dans la tête du malade.

     

    Note : 13.5 / 20

     

     

     


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