• Maybe Someday - C. Hoover
     
     
     
     
     
    Titre : Maybe Someday
    Auteur : Colleen Hoover
    Édition : Pocket
    Parution : 18 mars 2014
    Pages : 496

     

     

     

     

     

     

     

     Résumé de l'éditeur

    Sydney, 22 ans, a tout pour elle : le mec parfait, Hunter, un bel avenir et un superbe appartement en colocation avec sa meilleure amie. Jusqu'au jour où elle apprend que ces deux êtres qui lui sont si chers lui cachent un secret impardonnable.
    Sydney décide alors de tout plaquer. Elle se rapproche de plus en plus de Ridge, son mystérieux voisin musicien. Comment rester insensible aux magnifiques mélodies qu'il lui joue à la guitare ?
    Et si le cœur de Ridge est pris depuis bien longtemps, il ne peut ignorer la force silencieuse qui le pousse lui aussi vers Sydney.
    Sauront-ils guérir de leurs blessures et écouter leur cœur ?

     

    Avis

    Je me suis lancée dans cette lecture avec beaucoup d'a priori. Une romance basée sur un mec mystérieux qui joue de la guitare ... ça ne m'inspirait qu'une série de clichés à faire vomir une licorne ! Mais ayant entendu beaucoup de compliments au sujet de ce livre, qui a d'ailleurs une très bonne note sur livraddict, je me suis dit qu'il fallait que je lise ça histoire de me faire un avis.

     

    « On essaie tous de cacher ce qu’on ressent à ceux qui devraient justement le savoir. On veut refouler ses émotions, comme s’il était interdit d’avoir des réactions un tant soit peu naturelles. »

     

    Et il faut dire que ... j'ai été servie ! Tout, absolument tout, est cliché dans ce livre. Peu de surprises, on s'attend à presque tous les retournements de situation. Un triangle amoureux vu et revu, avec des personnages qu'on aurait pu décrire sans ouvrir le livre : la fille trompée par son mec avec sa meilleure amie ; le musicien mystérieux, beau gosse, loyal, charmant et adorable par lequel elle se sent irrésistiblement attirée (y'a de quoi en même temps ...) ; le coloc détestable, mais finalement plus profond qu'il n'en a l'air et sa bimbo infecte ; et la petite copine du musicien, cette fille forte et indépendante à qui la vie n'a pas fait de cadeaux. Bref un condensé de banalités ! Ajoutez à cela des scènes trop mignonnes et un happy end, et on a le livre que je déteste. Ah, mais ça aussi c'est présent dans le livre en fait.

     

    « Il n'y a que vingt-six lettres dans l'alphabet. On n'imagine pas tout ce qu'on peut tirer de vingt-six lettres. On n'imagine pas tout ce qu'on peut faire ressentir en les mêlant pour former des mots. »

     

     

    Alors .... pourquoi j'ai été aussi passionnée par cette histoire ? Certes, j'ai eu du mal à passer au dessus de ma première mauvaise impression. Mais une fois entrée dans l'univers de Sydney et Ridge, impossible de fermer le livre. Incroyable non ?

    Je me suis très rapidement attachée à eux et j'avais une envie dingue de savoir où ils allaient, alors même que je me doutais de l'issue de leur relation ! J'ai souris comme une idiote, je me suis attendrie, j'ai angoissé, j'ai retenu mon souffle, j'ai vibré ! Je pense que cela est en grande partie dû aux deux points de vue qui s'alternent tout au long du livre. D'abord un peu perplexe quand j'ai découvert ce format, j'ai rapidement été conquise !

    Et puis j'ai été particulièrement touchée par tous ces moments de musique. Je ne saurais expliquer pourquoi, mais ce sont les scènes que je préfère. Je m'y voyais, je ressentais presque les vibrations et l'harmonie qui les liait à ce moment là.

     

    « Elle me regarde comme si je venais de lui offrir le monde. Et ça fait du bien ! »

     

    En bref, ce livre est LA romance typique à laquelle on s'attend, et même quand l'auteur en fait trop, on adore ça, parce qu'on est pris dans l'histoire sans le vouloir !

     

    Note : 16 / 20

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  • Quand la nuit devient jour - Sophie Jomain
     
     
    Titre : Quand la nuit devient jour
    Auteur : Sophie Jomain
    Édition : Pygmalion
    Parution : 27 avril 2016
    Pages : 224

     

     

     

     

     

     

    On continue dans la série livre sur l'euthanasie volontaire ! Après avoir lu Avant toi de Jojo Moyes (chronique juste ici), j'ai eu envie de lire un autre livre traitant de ce sujet, et c'est évidemment sur Quand la nuit devient jour que mon choix s'est porté !

     

     Résumé de l'éditeur

    On m’a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m’enfonce une épine dans le pied, décrire l’échauffement d’une brûlure, parler des noeuds dans mon estomac quand j’ai trop mangé, de l’élancement lancinant d’une carie, mais je suis incapable d’expliquer ce qui me ronge de l’intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà. La dépression. Ma faiblesse. Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n’est en mesure de m’aider. Dieu, la science, la médecine, même l’amour des miens a échoué. Ils m’ont perdue. Sans doute depuis le début. J’ai vingt-neuf ans, je m’appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois. Le 6 avril 2016. Par euthanasie volontaire assistée.

     

    Avis

    J'avais adoré Avant toi, mais Quand la nuit devient jour dépasse, et de loin, ma première expérience de livres sur ce sujet. Et ce sur plusieurs points.

    « La dépression prenait possession de moi. Je ne supportais plus de vivre parmi les gens, de les croiser, de leur parler, je n’étais plus capable de faire semblant »

    Déjà le résumé et la popularité du livre. Pas d'histoire d'amour. Ce qui voulait dire pas de scènes cliché, pas de bisounours, et pas forcément de happy end. Donc on partait plutôt bien (surtout si vous avez lu ma chronique sur Avant toi) ! Et puis j'ai eu l'impression que ce livre était moins populaire, moins de buzz, moins d’encensement, que ce soit sur youtube ou sur la blogo. Et comme vous le savez, quand un livre fait trop parler de lui, je m'en méfie. Du coup, deuxième bon point, pas trop de ramdam autour du livre !

    « Il ne s’agit pas d’apprendre à être heureuse, mais d’accepter que je ne le serai jamais. J’y suis parvenue, et vous devez l’admettre vous aussi. Je ne veux plus vivre. »

    Je pense que ce qui a vraiment fait la différence est le point de vue de la narration : cette fois on n'est plus spectateur, on n'assiste plus impuissant à la volonté de mourir de quelqu'un. Non, cette fois on est dedans, et jusqu'au cou ! Parce que Camille souffre d'un mal qu'on ne peut expliquer et que l'on finit par comprendre.

    On est d'abord réticent, on se dit, comme ses parents, qu'elle pourrait s'en sortir, que ce n'est qu'une question de volonté, qu'il y a des milliers d'autres solutions que la mort. Et puis on lit. Et page après page, on ne compatit plus seulement. Camille nous fait réellement accepter l'idée que le sommeil éternel est LA solution. Que sa souffrance ne peut être apaisée.

    Alors on lutte avec elle, on est presque bienveillant. Comme son psychiatre, on ne cherche plus qu'à l'accompagner jusqu'à sa délivrance. On se laisse quand même parfois aller à quelque espoir, mais la vérité reprend vite le dessus.

    « D’autres meurent quand ils ne demandent qu’à vivre, et toi, tu craches sur ta propre existence ? »

    Jamais le récit n'est plaintif ou larmoyant. Il est seulement criant de vérité. Ce livre m'a littéralement retourné le cerveau, il m'a fait me poser des questions à n'en plus finir. J'ai mis un moment à me remettre lorsque je l'ai fermé. Je n'ai pas versé de larme, mais ce livre m'a profondément marqué. Et puis cette fin ... tellement ... ouverte qu'elle en est frustrante et en même temps parfaite !

     

    Note : 19 / 20

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  • Avant toi - Jojo Moyes
     
     
     
     
    Titre : Avant toi
    Auteur : Jojo Moyes
    Édition : Milady
    Parution : 22 mars 2013
    Pages : 480

     

     

     

     

    Comme d'habitude, c'est après l'énorme vague de succès et de bruit d'un livre que je m'intéresse à celui-ci, et Avant toi n'y a pas échappé ! Je me suis mise à le lire bien après tout le monde, histoire de laisser retomber tout l'engouement qu'il a suscité et pouvoir ainsi m'en faire MON idée. Découvert encore une fois via des chroniques sur youtube, je l'ai acheté puis j'ai patiemment attendu quelques mois avant de m'y plonger, pour finalement ne pas être déçue !

     Résumé de l'éditeur

    Si le temps nous est compté…

     

    Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l’Angleterre dont elle n’est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l’accueil glacial qu’il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l’accident qui l’a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

     

    Avis

    Je crois que ce roman m'a juste coupé le souffle. Pourtant c'était mal parti ... Je me méfie souvent des titres à gros succès, encore plus quand ils finissent par être adaptés au cinéma. Et puis un mec handicapé, une fille fragile et banale, une histoire d'amour, bisounours, paillettes et papillons, happy end et tout le tralala ... Je me suis dit ... oula, ça sent le remake d'Intouchable à la sauce anglaise, avec un zeste de love story bidon et de clichés en tout genres, tout en oubliant le sujet principal du livre. Vous voyez où je veux en venir ? 

    « Vous savez, on n'est d'aucune utilité à quelqu'un qui ne veut pas être aidé. »

    Mais je me suis dit, aller, laisse lui une chance à ce livre, après tout il est peut-être plus profond qu'il n'en a l'air. Alors je l'ai acheté, puis je l'ai lu. J'ai eu beaucoup de mal à me mettre dedans, à réellement m'attacher à Lou, et encore moins à Will. Et puis vers le milieu de l'histoire, j'ai été happée dans un tourbillon dont je n'arrivais pas à sortir, il fallait que je lise, que je sache.

    « On n'a qu'une vie [...]. C'est le devoir de chacun de la vivre aussi intensément que possible. »

    J'ai vraiment pris une claque. Parce qu'au final l'histoire est fluide et maîtrisée, et on se laisse entraîner sans vraiment voir passer les heures. Et quand à cela s'ajoutent des émotions contradictoires et puissantes, on a du mal à refermer le livre. On rit, on doute, on pleure, on est soulagé, mais pas pour longtemps, parce que tout recommence très vite.

    La romance n'est pas désagréable, au contraire, mais le plus fort ce sont les personnages, leur évolution, leurs relations. C'est assez dingue de voir à quel point tout ça peut être complexe malgré une apparente banalité. Surtout pour Lou d'ailleurs. Qui passe d'un boulot de serveuse à celui "d'aide-soignante" d'un homme brisé. Sans repères, sans expérience, elle parvient tout de même à sortir Will de son mutisme et elle apprend à évoluer et trouver sa place au sein d'un contexte familial/professionnel oppressant et pas spécialement accueillant.

    Au delà de la fiction, le livre soulève également beaucoup de points sensibles dans notre société, tels que le handicap, l'euthanasie, les rapports familiaux ... Et je trouve que ces thèmes sont brillamment traités, avec finesse et sensibilité.
     

    « J'ai compris que j'avais peur d'exister sans lui.
    Comment peux-tu avoir le droit de détruire ma vie, quand moi je n'ai pas mon mot à dire au sujet de la tienne?
    Voilà ce que j'avais envie de lui demander.
    Mais j'avais promis.
    Alors je l'ai serré contre moi. »

    Seul bémol peut-être ... La narration. J'aurais aimé avoir l'avis de Will. Son vrai avis. Être dans sa tête, comprendre ce qu'il s'y passe, pour sans doute mieux accepter la décision finale. Même si on s'en approche quand même avec les explications de Will à plusieurs reprises, j'ai été frustrée de n'être que spectateur de tout ça, de ne jamais pouvoir réellement comprendre, même si je me doute que c'est aussi l'effet recherché de l'auteur en nous racontant l'histoire du point de vue de Louisa. (Et puis j'avoue que ce point négatif est lié à un prochain article sur "Quand la nuit devient jour", vous comprendrez ...)

     

    Note : 17 / 20

     

     

     


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    Contrecoups - Nathan Filer
     
     
     
    Titre : Contrecoups
    Auteur : Nathan Filer
    Édition : Michel Lafon
    Parution : 28 août 2014
    Pages : 349

     

     

     

     

    J'ai découvert ce livre sur la chaîne Le souffle des mots, d'Audrey, dans une vidéo "Top 15 de 2015". Audrey m'a vendu du rêve en parlant de ce livre, et comme il s'agissait de maladie mentale et particulièrement de schizophrénie, je n'ai pas hésité à l'acheter !

     Résumé de l'éditeur

    " Je vais vous raconter ce qui s'est passé, parce que ce sera un bon moyen de vous présenter mon frère. Il s'appelle Simon. Je pense que vous allez l'aimer. Vraiment. Mais dans quelques pages il sera mort. Et il n'a plus jamais été le même après ça. "

    Matthew a 19 ans, et c'est un jeune homme hanté. Hanté par la mort de son grand frère, lors de vacances à la mer, dix ans auparavant. Hanté par la culpabilité. Hanté par la voix de Simon qu'il entend partout, tout le temps : dans le bruissement des feuilles des arbres, dans le crépitement des bougies d'anniversaire, dans le murmure de la marée... Dernier lien qui l'unit au frère disparu pour Matthew ; " hallucinations de commande ", disent les médecins.


    Matthew a 19 ans et il souffre de schizophrénie, une maladie qui " ressemble à un serpent ". Pour comprendre son passé et s'en libérer enfin, Matthew écrit, dessine, jette ses pensées sur le papier, tente de remonter le fil du temps. Il raconte l'enfance étouffée par la perte, la douleur silencieuse de ses parents ; l'adolescence ingrate brouillée par les nuages de marijuana ; la lente descente dans la folie, l'internement... Mais aussi, avec un humour mordant, le quotidien parfois absurde et toujours répétitif de l'hôpital psychiatrique – " Je vis une vie faite de copiés-collés ", les soignants débordés mais qui font de leur mieux, l'ennui abyssal : " il n'y a littéralement rien à faire "... Et le combat sans cesse renouvelé pour apprivoiser la maladie, et trouver enfin sa place dans le monde.

     

    Avis

    Dans un premier temps, je pense qu'il faut parler du format qui est un peu particulier. Il s'agit d'un récit dans le récit dans le sens où Matthew, le personnage principal, est l'auteur de ce livre. Il nous raconte des morceaux de son passé sous forme de petits chapitres qu'il écrit à l'hôpital psychiatrique ou chez lui.

    Bien que ce format soit intéressant et original, j’ai trouvé le tout décousu. C’était prévisible, forcément, mais du coup je n’ai pas réussi à accrocher à l’histoire autant que je l'aurais voulu, j’ai eu beaucoup de mal à lire car je n’arrivais parfois pas à me situer chronologiquement, surtout que les flashback ne sont pas annoncés. Il faut avoir une bonne mémoire et être vraiment plongé dans le livre pour se souvenir de détails qui réapparaîtront plus tard et qui nous feront comprendre que c’est un flashback.

    « On a tous en nous un mur qui sépare les rêves de la réalité, mais le mien est fissuré. En se tortillant, en se faisant tout petits, les rêves arrivent à passer au travers jusqu'à ce que je ne puisse plus bien faire la différence.
    Des fois le mur s'écroule complètement.
    C'est là que les cauchemars commencent. »

    Ensuite je dois évidemment parler de la maladie elle-même puisque ce livre traite d'une maladie qui m'intéresse en littérature : la schizophrénie. Les maladies mentales en général sont d'ailleurs un thème dont je suis curieuse de voir le traitement dans un roman. Et finalement, ce livre n’a pas été à la hauteur de mes attentes ...

    La "branche" de la schizophrénie traitée dans ce livre est celle du souvenir qui hante et qui construit la pathologie. Et pour moi ce n’est pas assez. Il s'agit là est une maladie tellement complexe qu’il manque tout un tas d’éléments. Et je pense que c’est principalement à cause du format et du point de vue.

    On a ici un point de vue à la 1ère personne mais dans un récit écrit des mains du personnage narrateur, il y a donc une première analyse, on n’a pas accès directement à ses pensées, mais on a accès à ses écrits, donc à quelque chose de réfléchi. Ce n'est pas spontané, ne n'est pas vraiment exactement ce qu’il se passe à l’intérieur de lui à l'instant T.

    Il y a beaucoup d’éléments inhérents à la maladie qui se font ressentir comme le Grand Projet, sa difficulté à interagir avec les autres, et d'autres que j’ai perçu en lisant entre les lignes, mais qui ne sont pas explicites ni développés. Et c’est clairement ça que j’attendais de ce livre : savoir ce qu'un schizophrène a dans la tête au moment où son comportement sort de nos normes sociales.

     

    "Le pire dans cette maladie, ce n'est pas ce qu'elle me fait croire, ni ce qu'elle me fait faire. Ce n'est pas l'emprise qu'elle a sur moi ni même l'emprise qu'elle autorise les autres à avoir. Le pire de tout, c'est qu'elle m'a rendu égoïste. La maladie mentale nous replie sur nous-même. C'est mon avis. elle fait de nous les prisonniers à vie de la douleur qui occupe nos têtes, tout comme la douleur d'une jambe brisée ou d'un pouce entaillé accapare l'attention et s'y cramponne au point que la jambe ou le pouce cessent d'exister.".

     

    Au final, je suis assez déçue par ce livre, qui est sans doute très bien, mais que je n’ai pas su apprécié car j’avais de trop grandes attentes ... Il a tout de même pas mal de qualités et c'est finalement assez bien mené lorsqu'on sait à quel point cette maladie est complexe. C'est d'ailleurs d'autant plus difficile lorsque celui qui la décrit n'en est pas atteint et doit donc tenter de se mettre dans la tête du malade.

     

    Note : 10 / 20

     

     

     


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  • U4 Koridwen - Yves Grevet

     

    Titre : U4 Koridwen
    Auteur : Yves Grevet
    Édition : Nathan - Syros Jeunesse
    Collection : Grand Format
    Parution : 18 août 2015
    Pages : 300

     

     

    Après Jules, j'ai attaqué Koridwen de l'auteur Yves Grevet. Il s'agit de l'histoire la plus liée à Jules, même si les quatre personnages se rejoignent tous à un moment donné. Il est selon moi assez différent de Jules néanmoins, puisque Koridwen part de Bretagne pour rejoindre Paris, tandis que Jules habite à Paris même. Le début consiste donc en un voyage vers la capitale assez intéressant je trouve.

    « Ma grand-mère m'a toujours enseigné que la vie était précieuse, celle des hommes comme celle des animaux ou même des plantes. On ne peut s'autoriser à la supprimer qu'en cas de nécessité absolue.»

     Synopsis

    Pour faire court :
    4 auteurs
    4 romans
    4 personnages
    4 destins
    1 rendez-vous

    Il s'agit donc d'une série de 4 livres, qui peuvent se lire dans n'importe quel ordre, et vous pouvez même n'en lire qu'un, deux ou trois. Chaque livre porte le nom de son protagoniste principal.

    L'histoire est post apocalyptique. U4 est le nom d'un virus (U pour Utrecht qui est la ville des Pays-Bas dans laquelle il est apparu, et 4 pour "4ème génération"). Ce virus a décimé plus de 90% de la population mondiale et quasiment la totalité des survivants sont des adolescents âgés de 15 à 18 ans.

    On suit alors le destin de 4 adolescents (Jules, Stéphane, Yannis, Koridwen) qui tentent de survivre jusqu'à la date d'un certain rendez-vous, où ils comptent se rendre. Voilà ce qui les lient.

    Plus d'infos ici : https://www.youtube.com/ watch?v=S8Y4xRbFGQM

     Résumé de l'éditeur : Koridwen est la dernière survivante d'un hameau de Bretagne. Avec l'aide du vieux Yffig, elle a inhumé les neuf autres habitants du coin. Puis le vieux Yffig est mort à son tour, et Koridwen l'a enterré lui aussi. Avant de mourir, la mère de Kori lui a confié une enveloppe laissée par sa grand-mère, à ouvrir le jour de ses quinze ans. Cette lettre, qui parle d'un long voyage et de mondes parallèles, fait si étrangement écho au message reçu sur Warriors of Times que Koridwen est ébranlée malgré elle. Elle décide d'aller chercher son cousin Max et de se rendre avec lui en tracteur au rendez-vous à Paris.

     

    Avis

    Je trouve que l'histoire de Koridwen monte d'un cran par rapport à celle de Jules. Le personnage est plus profond, ses nombreuses rencontres plus poussées, et elle en a beaucoup plus dans le froc que son acolyte du jeu WOT. Mais je suis passée à côté d'un trop grand nombre de choses dans ce roman ...

    « A leurs yeux, je suis une héroïne et elles disent envier mon courage.
    De quoi parlent-elles ? J'ai si souvent peur. »

    L'héroïne est réellement intéressante car pour une fois une fille n'est pas faible sans pour autant être une machine de guerre non plus puisqu'elle doute souvent. J'ai aimé la façon dont l'auteur a joué avec son esprit, la faisant tantôt aller vers une force insoupçonnée la poussant à se dépasser et à surmonter ses peurs, tandis que parfois elle tombe au plus bas avec l'envie d'en finir.

    Par contre, j'ai été blasée par les répétitions de scénario. Par exemple les cantiques, au bout du quatrième j'ai envie de dire que c'est bon, on a compris. Et puis les personnes qu'elle croisent tombent comme des mouches en permanence, c'est un peu "grossier" aussi, et facile puisque ça lui fait éviter les relations sociales, et l'auteur n'a donc que du personnage de Koridwen à s'occuper.

    Je me faufile jusqu'à la pièce principale.
    Je me plante devant la baie vitrée et admire la vue.
    C'est une immensité grisâtre qui pourrait faire penser à l'océan.
    La pluie qui ruisselle sur la vitre me rappelle ma Bretagne.
    Paris est éteinte. Ce n'est plus la "Ville-Lumière".

    Là où d'autres personnages privilégiaient le côté scientifique (Stéphane), Koridwen est plutôt branchée mysticisme avec le folklore breton via la grand-mère de l'héroïne. L'histoire jongle donc entre le côté réalité et le côté magie. L'auteur nous offre un récit bien ancré dans le réel, avec la propagation du virus et les premiers changements radicaux dans la vie des survivants, et dans le même temps, un récit plus mystique. Même si ce dernier est assez bien mené, je trouve que cela dénote avec le reste de la série puisqu'aucune allusion n'est faite dans les trois autres, et la fin de Kori est assez ... étrange comparée aux autres, si ce n'est décevante.

    Car après tout je m'étais faite à l'idée que l'histoire était un peu plus marginale que les trois autres, et finalement ça avait son charme quelque part. Mais la fin ... j'aurais préféré ne pas la lire, honnêtement. Elle m'a tellement déçue qu'elle m'a laissé un goût amère et j'ai eu du mal à retrouvé les points positifs, les choses que j'avais adoré dans l'histoire.

    Je crois que ce que j'ai préféré dans cette deuxième lecture, c'est le fait de retrouver des scènes de Jules d'un point de vue différent. C'est bien fait et les personnages voient et interprètent ces moments vraiment différemment. Je pensais que voir deux fois les mêmes choses (et puis quatre fois après avoir lu la série) serait lassant, mais pas du tout, au contraire ! Certains personnages remarquent des choses que les autres ne considéraient pas comme important pour le souligner, ce qui donne en fin de compte une histoire très complète. Encore un bémol toutefois, qui là est venu s'ajouter une fois que j'ai lu Stéphane et Yannis, je trouve que le fait de se croiser et de vivre l'histoire ensemble n'est absolument pas assez poussé dans Jules et Koridwen. Stéphane et Yannis, j'en parlerai dans les prochaines chroniques, passent un long moment ensemble et c'est vraiment presque jouissif de voir les deux côtés de l'histoire (même quand ils ne sont pas ensemble les histoires se croisent par d'autres moyens, c'est pour dire !). Alors que dans Jules et Koridwen on a l'impression que ça reste un prétexte et que tout est bon pour s'éviter, surtout dans Koridwen puisque Jules lui fait part plusieurs fois de son envie de retrouver Kori, alors que cette dernière l'évite à de nombreuses reprises.

     

    « L'envie d'aller retrouver les autres dans la mort continue de me hanter. Ce qui me retient d'en finir, ce n'est pas la peur du grand saut, c'est le sentiment de commettre une faute, de transgresser un ordre naturel selon lequel on ne décide pas soi-même de la fin de son existence. »

     

    Enfin, pour terminer avec Kori, je trouve qu'il manque de moments vraiment puissants qui m'ont marqués (contrairement à Jules, mais je ne vous spoilerai pas) mais dans l'ensemble ça n'a pas été désagréable à lire du tout !

     

     

    Note : 16 / 20

     

     

     

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